Mon tableau a une date de naissance

Mars 2022.

J’ai ouvert un tableur vide et j’ai commencé à taper des lettres dans des cases. M quand Fiston était chez sa maman, F quand il était chez moi.

C’était moche. Ça a tenu quatre ans.

Ce qu’il est devenu

On ne conçoit pas un truc pareil, on l’empile. Chaque couche est arrivée parce qu’un problème s’est posé.

Les couleurs, parce qu’une grille de lettres, à l'œil, ça ne dit rien. Une semaine rose, une semaine bleue, et le rythme se voit d’un coup.

Un onglet par année, parce qu’au bout de douze mois il fallait bien recommencer, et que je ne voulais pas effacer ce qu’on avait fait.

Les dates de vacances scolaires, parce que c’est là que tout se négocie et que je passais mon temps à rouvrir le site de l’académie.

Un compteur de journées, parce qu’un jour on s’est demandé, sans arrière-pensée, si ça tombait à peu près juste. La réponse était oui. On n’a jamais eu besoin de la redemander, mais on était contents de l’avoir.

Et un onglet dépenses, pour ne pas avoir à se souvenir qui avait payé les chaussures.

Rien là-dedans n’était prévu au départ. Tout est arrivé un jour où on en a eu besoin.

Ce qu’il fait très bien

Il enlève la question quotidienne. Quand c’est écrit quelque part que les deux parents regardent, personne ne redemande.

Mais surtout, il nous sert à discuter. C’est ça que je n’avais pas prévu en 2022.

Tu as vu, il y a l’anniversaire d’un copain qui tombe sur ta semaine.

Ah ok. Tu le mets dans le tableau s’il te plaît ?

Et pour les grandes vacances, c’est devenu notre méthode. On ne négocie plus par messages, on négocie dans le fichier.

Je te fais une proposition dans le tableau, tu me dis ce que tu en penses.

J’ai fait des modifs, regarde à ton tour.

Ok c’est bon, on est calé.

Trois messages, chacun à son rythme, sans se prendre la tête un dimanche soir. Le tableau tient la version en cours, et personne n’a besoin de se souvenir de qui a proposé quoi.

Il garde aussi la mémoire des exceptions. Un rendez-vous chez le dentiste, une semaine échangée : c’est noté à côté de la lettre du jour, et ça y sera encore dans six mois.

Et il ne coûte rien. Ni abonnement, ni compte à créer pour l’autre parent, ni discussion sur « quelle appli on prend ». C’est un lien qu’on s’envoie une fois. C’est d’ailleurs la même idée qui fait tenir Pimprenel pour un parent seul.

Ce qu’il ne sait pas faire

Trois fois, il m’a laissé tomber. Pas par sa faute, il faisait exactement ce pour quoi il est fait.

La première, c’est le jour où j’ai failli oublier d’aller chercher mon fils. Le changement était noté six mois à l’avance, tout était juste dans le tableau. Il ne m’a simplement rien rappelé le jour venu. Un tableau garde la mémoire à votre place, il ne la réveille pas.

La seconde, plus discrète : il ne sait pas qu'une année peut compter 53 semaines. Il affiche ce qu’on lui a tapé, sans jamais lever la main pour dire que le calendrier ne tombe pas rond cette année-là.

La troisième, je ne l’ai vue qu’au bout de deux ans : il ne sait pas non plus qu'une date fixe peut rester chez le même parent, année après année. Noël est tombé chez moi deux fois de suite, et le tableau l’affichait sans broncher.

C’est ce genre de trou qui m’a fait ouvrir un éditeur de code, quelques années après avoir ouvert ce tableur.

Le voici

Je l’ai vidé de nos données et je le laisse en libre accès. C’est vraiment le mien, pas une version marketing : même structure, mêmes formules, mêmes petits défauts.

Récupérer le modèle de planning

Le lien vous propose directement d’en faire votre copie. Elle vous appartient, je ne la vois pas, et vous pouvez la partager avec l’autre parent comme vous voulez.

Dedans vous trouverez :

  • un calendrier annuel qui se régénère en changeant une seule case
  • le repérage des vacances scolaires, à ajuster selon votre zone
  • le décompte automatique des journées de chacun
  • un mode d’emploi, dans le fichier, avec le réglage pour être prévenu par mail quand l’autre parent modifie quelque chose

L’année n’est pas vierge. J’y ai laissé une alternance d’exemple, une semaine chacun avec bascule le vendredi soir, pour que vous voyiez tout de suite à quoi ça ressemble et que les compteurs tournent dès l’ouverture. Vous écrivez par-dessus, ce n’est qu’un décor.

Comptez une bonne demi-heure pour le premier réglage. Ensuite il vit avec vous.

Un mot sur les vacances scolaires : les dates préremplies sont celles de ma zone, elles ne seront probablement pas les vôtres. C’est la première chose à corriger, et c’est aussi le moment où on se rend compte qu’on n’a pas encore parlé de Noël avec l’autre parent.

Et après

Ce tableau vaut largement mieux qu’un calendrier papier sur le frigo. Il est partagé, il se modifie à deux, il garde tout, et il permet de discuter sans se parler au mauvais moment. C’est déjà beaucoup.

Il m’a aussi montré, trois fois, exactement où il s’arrêtait. C’est en essayant de boucher ces trous que j’ai commencé à développer Pimprenel. L’application est allée beaucoup plus loin depuis, mais elle est née là, dans les limites de ce fichier.

Vous vous organisez comment, vous ? Un tableau, un agenda partagé, un carnet, la mémoire ? Racontez-moi, je suis toujours curieux de voir les systèmes que les gens s’inventent.

Avant de régler le tableur, regardez votre alternance tomber.

Vous posez votre rythme et vous le faites défiler jusqu’aux prochaines vacances, sans inscription, en une minute. Vous saurez à quoi ressemble votre année avant de la recopier dans le fichier.

Montez votre planning

Et si vous voulez la suite, laissez-moi votre prénom et votre email : je vous fais signe dès qu’une place se libère dans la bêta.