On va parler de parité. C’est le vrai nom de la chose, et je n’ai jamais entendu un parent l’employer, moi le premier.

En garde alternée, la parité, c’est ce qui cale les semaines paires et impaires de votre rythme sur les années paires et impaires du calendrier.

Un exemple sera plus clair.

Noël était déjà de la logistique quand on était ensemble

Il y a deux familles, les grands-parents, les tatas, les tontons... et pendant les fêtes il y a la tournée de tout ce beau monde ! Chacun a son jour, sa séance cadeaux, et l’idée assez ferme que c’est chez lui que ça se passe.

Tout le monde a entendu ces phrases-là, un soir de réveillon, vers minuit :

Bon, demain midi on remet ça, on va chez ma mère !

Oh nous c’est dimanche prochain, toujours le dimanche qui suit Noël !

On fait deux Noëls, parfois trois. Séparé ou pas, personne n’est vraiment libre de ses dates.

Les enfants, eux, sont ravis. Leurs fêtes se multiplient, et ils se moquent bien des heures de route et des kilos à perdre à la rentrée 😅

Fiston, une fois les cadeaux ouverts :

Ouiii, encore 2 Noëls ! 🎁🎁

Il nous a fallu trois Noëls

On a mis la garde alternée en place en mars, après un 5-2-2-5 qu’on a laissé tomber au bout de trois mois. Une semaine chez l’un, une semaine chez l’autre. Noël était loin, personne n’en parlait.

Le premier, la semaine de Noël est tombée chez moi. On n’y a pas prêté attention : c’était le premier, on découvrait tout.

Le deuxième, même chose. Et cette fois on l’a vu venir, quelques mois avant. Sauf qu’il n’y avait plus rien à faire. Décaler le relais d’un jour ou deux, ça se règle en un message, on le fait tout le temps en vacances. Mais échanger une semaine entière à ce moment-là de l’année, non : les congés sont posés, les gens prévenus, les trajets calés.

Le troisième, c’est sa maman qui a posé la question.

Ça fait deux ans que tu as Fiston pour Noël, cette année on échange.

Une phrase. Depuis, Noël se décide.

La clause que je trouvais absurde

Notre alternance était parfaitement équitable. Une semaine chez moi, une semaine chez sa maman, à l’infini. Sur le nombre de jours, on ne peut pas faire plus égal.

Mais elle n’était indexée sur rien. Elle ne savait pas que le 25 décembre existait, et elle n’avait aucune raison de le faire changer de maison.

En cherchant comment les autres s’organisent, on tombe vite sur une formule de ce genre :

Les années paires, les semaines paires chez la mère. Les années impaires, les semaines paires chez le père.

Je l’ai d’abord trouvée inutilement compliquée. Deux parités dans la même phrase, ça ressemble à du zèle de rédaction.

Je n’avais pas compris à quoi elle servait.

Cette bascule annuelle ne sert pas à équilibrer les semaines. Elle sert à faire tourner les dates.

Noël, jour de l’an, Halloween, les anniversaires… Sans elle, chacune de ces dates s’installe chez un parent et elle y reste. Avec elle, elles changent de maison une année sur deux, toutes ensemble.

Les deux parités de la phrase ne font pas le même travail

Celle des semaines dit, chaque semaine, chez qui l’enfant dort. C’est là que les années à 53 semaines viennent tout décaler.

Celle des années ne s’évalue qu’une fois par an, et elle inverse tout le reste.

Pourquoi je l’ai mise dans Pimprenel

Mon tableau Excel ne savait pas faire ça. Il affichait les semaines sans jamais me dire que c’était la troisième fois d’affilée. Il m’a déjà fait ce coup-là dans un autre registre.

Restait à savoir quoi faire des parents dont le jugement est écrit comme ça.

On pourrait leur demander de traduire : calculer eux-mêmes quelle année on est, et poser leur planning en conséquence. Ça marche. Une fois. Et il faut recommencer chaque premier janvier.

Dans Pimprenel, on dit à quelle date tombe la bascule, et le calendrier s’inverse tout seul, tous les ans.

Nous, on ne s’en sert pas

On aurait pu réindexer notre rythme là-dessus. On ne l’a pas fait.

On anticipe, à la place. Noël, le jour de l’an, l’anniversaire de Fiston. Et aussi les anniversaires des grands-parents, et les fêtes de famille qui comptent pour l’un ou pour l’autre. On regarde longtemps à l’avance chez qui ça tombe, et celui que ça arrange propose un échange assez tôt pour que l’autre puisse s’organiser.

Ça marche parce qu’on se parle encore correctement. Une proposition faite trois mois à l’avance, chez nous, c’est un message et une réponse.

La parité, elle, ne suppose rien. C’est probablement pour ça qu’elle se retrouve dans les jugements plutôt que dans les arrangements. Elle ne demande à personne d’être disponible, ni de bonne humeur, ni d’accord.

Fiston, lui, compte toujours ses deux Noëls.

Et chez vous ?

Votre jugement parle d’années paires et impaires ? Est-ce que vous saviez à quoi ça servait, ou est-ce que vous l’avez pris pour une lourdeur de rédaction, comme moi ?

Et si vous ne l’avez pas : Noël se rediscute chaque année chez vous, ou il s’est installé tout seul ?

Racontez-moi, je lis les réponses. 🙂

Posez votre rythme avec son inversion annuelle.

Sans inscription, en une minute. Vous verrez tout de suite chez qui tombe Noël cette année, et la suivante.

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