Une question posée deux fois dans un groupe Facebook

Une maman poste la même question à quelques jours d’intervalle. Elle vient de s’apercevoir que 2026 compte 53 semaines, qu’elle ne savait même pas que c’était possible, et que son jugement dit "semaines impaires chez la mère, semaines paires chez le père". Le problème, c’est que la semaine 53 est impaire. Et la semaine 1 de l’année suivante aussi.

Personne ne lui répond vraiment. On lui dit "ça va se décaler", sans lui expliquer pourquoi, ni ce que ça change concrètement pour elle.

Je suis tombé sur son message en plein travail sur Pimprenel, au moment où je réfléchissais à comment afficher, noir sur blanc, "cette semaine c’est chez vous" pour les parents dont le jugement est écrit en semaines paires et impaires. Et j’ai buté sur exactement la même question qu’elle.

La solution facile, et pourquoi je l’ai refusée

La première idée qui m’est venue pour coder ça était séduisante : au lieu de recalculer la parité de la semaine à chaque fois, la figer une bonne fois pour toutes au moment où le parent saisit son rythme. Zéro calcul, zéro risque d’erreur.

Sauf que ça ne colle pas à ce que dit le jugement. Le jugement, lui, ne parle pas d’un planning figé à une date donnée. Il parle du numéro de la semaine, celui du calendrier, toutes les semaines, pour toujours.

Si le juge a dit "semaine paire chez papa", on doit l’appliquer à la lettre. Pas commencer une négociation qui n’a pas lieu d’être.

C’est la phrase que j’ai eue en tête à ce moment-là. Une étiquette figée aurait fini par mentir, discrètement, au bout de quelques années, sans que personne ne s’en rende compte avant qu’un des deux parents ne recompte à la main.

Pourquoi ça arrive

Une année classique compte 52 semaines. Mais la plupart des agendas et calendriers numérotent les semaines (S1, S2, S3...) selon une règle internationale, et cette règle ne tombe pas toujours pile : à peu près tous les cinq ou six ans, une année en compte 53 au lieu de 52, et 2026 en fait partie.

Cette année-là, la semaine 53 court du lundi 28 décembre 2026 au dimanche 3 janvier 2027. La semaine 1 de 2027 démarre le lundi 4 janvier. Les deux sont impaires.

Ce n’est pas un hasard malheureux, c’est arithmétique : le compteur "pair, impair, pair, impair" saute un cran.

Concrètement, en 2026 : 27 semaines impaires contre 26 paires. Le parent des semaines impaires a une semaine de plus cette année-là, et ce sera toujours lui, puisque les deux semaines à cheval sur le nouvel an sont impaires toutes les deux.

Un détail qui change beaucoup de choses

Cette 53e semaine tombe systématiquement sur les vacances de fin d’année. Et bien souvent, les jugements qui parlent de semaines paires et impaires prévoient aussi une clause spécifique pour les vacances scolaires, qui prend le pas sur le rythme hebdomadaire habituel pendant cette période. Concrètement, ça veut dire que le doublement peut rester totalement invisible : ce n’est pas la règle "semaine paire, semaine impaire" qui s’applique sur ces jours-là, c’est la clause vacances.

Autre chose que j’ai remarquée en creusant : ces mêmes jugements prévoient très souvent une inversion annuelle ("les années paires, la semaine paire est chez la mère ; les années impaires, elle est chez le père"), et cette bascule tombe elle aussi, la plupart du temps, autour du nouvel an. Ce n’est probablement pas un hasard : c’est vraisemblablement ce qui absorbe, d’une année sur l’autre, cette semaine en trop.

Ce que ça change pour vous, concrètement

Avant de s’inquiéter, il y a une question à se poser en premier : votre jugement parle-t-il de "semaine paire" et "semaine impaire", ou simplement d’une semaine chacun, sans référence à un numéro ?

Ce n’est pas la même chose. Le problème du calendrier ne touche que le premier cas. Beaucoup de parents ne savent pas laquelle des deux formules ils ont réellement, jusqu’au jour où l’écart se produit.

Si votre convention est indexée sur la parité

Regardez d’abord si votre jugement a une clause vacances qui prend le dessus au moment de Noël et du jour de l’an : si oui, il y a de bonnes chances que le doublement soit déjà absorbé sans que vous ayez rien à faire. Regardez aussi s’il prévoit une inversion annuelle de la parité : c’est souvent elle qui rééquilibre les choses d’une année sur l’autre. Si votre convention n’a ni l’une ni l’autre, c’est là que le sujet mérite d’être anticipé avec l’autre parent, plutôt que découvert en pleines vacances.

Si votre rythme n’est pas indexé sur la parité

C’est mon cas : on ne réindexe pas chaque année sur pair/impair. On alterne simplement, semaine après semaine, depuis qu’on a abandonné le 5-2-2-5.

Pour Noël, il n’y a rien d’écrit non plus. Et il nous a fallu deux Noëls chez moi d’affilée avant que sa maman ne pose la question :

Ça fait deux ans que tu as Fiston pour Noël, cette année on échange.

C’est resté comme ça depuis. Une année sur deux, chacun de son côté, pour qu’il ne passe pas systématiquement le 25 décembre chez le même parent. (Comment on en est arrivés là, et pourquoi les jugements règlent ça avec les années paires et impaires, c’est une histoire à part entière.) Cette histoire de numéro de semaine ne nous concerne donc pas directement.

Là où ça pourrait quand même nous rattraper, c’est le jour où l’un de nos nouveaux conjoints aurait, de son côté, un rythme calé strictement sur le numéro de semaine pair ou impair. Les deux systèmes sont valables, aucun n’est faux, mais ils peuvent se décaler l’un par rapport à l’autre sans que ce soit la faute de quiconque. Le seul remède, c’est de le savoir à l’avance et d’en parler, pas de découvrir le décalage la veille.

Ce que mon Excel ne savait pas faire

Pendant des années, ce genre de calcul, c’est mon tableau Excel qui le portait. Il affichait ce que j’y avais tapé, sans savoir qu’un jour l’année compterait une semaine de plus. (Ce tableau, je l’ai mis en téléchargement, défauts compris.)

C’est exactement le genre de calcul que Pimprenel apprend à faire correctement : la brique qui sait reconnaître une année à 53 semaines existe déjà côté vacances scolaires, et c’est le prochain morceau que je construis pour le rythme hebdomadaire lui-même, pour que ce soit l’application qui compte à votre place, pas vous qui recomptez en panique un 28 décembre.

(La façon dont une convention devrait être rédigée pour éviter ce genre de piège, ça mériterait un article à part entière.)

Votre jugement parle de semaines paires et impaires, ou d’une semaine chacun ? Racontez-moi comment vous avez découvert le décalage, ou si vous ne l’avez jamais eu.

Posez votre alternance et regardez où tombe la semaine 53.

Sans inscription, en une minute. Vous verrez tout de suite si le décalage de fin d’année vous concerne.

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